TVA des travaux :
5,5, 10 ou 20 %.
Sur un devis de rénovation, la TVA peut représenter un écart de près de quinze points selon le taux retenu. Trois taux coexistent, et le bon dépend de la nature des travaux, de l'âge du logement et de l'ampleur du chantier. Voici quel taux s'applique à quoi, les cas qui font basculer à 20 % — extension, surélévation, remise à neuf — et la mention qu'il faut désormais porter sur le devis.
Trois taux, une condition de départ
Le taux normal de TVA est de 20 %. Pour les travaux réalisés dans un logement, la loi prévoit deux taux réduits : 10 % pour les travaux d'amélioration, de transformation, d'aménagement et d'entretien, et 5,5 % pour les travaux de rénovation énergétique.
La condition de départ est la même pour les deux taux réduits : le logement doit être achevé depuis plus de deux ans et affecté, ou destiné à être affecté, à l'habitation. Une maison livrée l'an dernier ne peut donc pas en bénéficier, même pour des travaux de finition.
Peu importe en revanche qui occupe le logement. Le taux réduit vaut pour une résidence principale comme pour une résidence secondaire, que l'occupant soit propriétaire, locataire ou logé à titre gratuit. Les dépendances usuelles du logement, comme une cave ou un garage, sont également visées. Un local qui n'est pas destiné à l'habitation, par exemple des bureaux, reste à 20 %.
Le taux de 10 % : la plupart des travaux de rénovation
C'est le taux le plus courant sur un chantier de rénovation. Il couvre les travaux d'amélioration, de transformation, d'aménagement et d'entretien : maçonnerie, cloisons, plâtrerie, électricité, plomberie, menuiseries intérieures, revêtements, peinture, réfection de couverture. Il s'applique à la main-d'œuvre comme aux matériaux et fournitures facturés par l'entreprise.
Les équipements de cuisine, de salle de bains et de rangement en relèvent aussi, à condition d'être intégrés au bâti. En revanche, la fourniture d'équipements ménagers ou de mobilier reste au taux normal : un réfrigérateur ou un meuble posé librement ne passe pas à 10 % parce qu'il figure sur le même devis.
Un point a changé récemment : depuis le 1er mars 2025, la fourniture et l'installation d'une chaudière fonctionnant aux énergies fossiles (gaz, fioul) relèvent du taux de 20 %. Leur entretien reste à 10 %.
Le taux de 5,5 % : la rénovation énergétique
Le taux de 5,5 % est réservé aux travaux qui améliorent la performance énergétique du logement, dans le respect de caractéristiques techniques fixées par la réglementation. Sont notamment visés :
L'isolation thermique des parois opaques (murs, toiture, combles, planchers bas) et des parois vitrées, les portes d'entrée, les volets isolants et les protections solaires mobiles.
Certains équipements de chauffage et d'eau chaude utilisant une énergie renouvelable, comme les pompes à chaleur.
Certains systèmes de ventilation, le calorifugeage, et la régulation du chauffage.
Sur un chantier qui mêle les deux, le devis doit distinguer les lignes : l'isolation d'une toiture à 5,5 %, la réfection de la couverture à 10 %, comme nous l'expliquons dans notre guide de la réfection de toiture. Les travaux annexes rendus indispensables par l'isolation peuvent suivre le taux de 5,5 %, sous des conditions précisées par l'administration fiscale ; les travaux de confort réalisés en même temps restent à 10 %.
Le taux de 5,5 % se cumule avec les aides à la rénovation énergétique, que nous détaillons dans notre article sur MaPrimeRénov' et les aides 2026.
Quand la TVA repasse à 20 % : extension, surélévation, remise à neuf
Les taux réduits ne s'appliquent pas aux travaux qui aboutissent à un immeuble neuf au sens fiscal. C'est le point le plus important pour nos projets, parce qu'il touche directement les agrandissements et les rénovations lourdes. L'administration retient trois situations.
1. L'augmentation de surface de plus de 10 %
Des travaux qui augmentent la surface de plancher de la construction existante de plus de 10 % sont exclus des taux réduits. Une maison de 120 m² qui reçoit une extension de 30 m² dépasse largement ce seuil : l'extension est facturée à 20 %. Pour estimer le budget complet d'un agrandissement, voyez notre guide extension de maison : prix, permis, délais.
2. La surélévation
Une surélévation fait partie des travaux exclus des taux réduits. Il faut l'intégrer dès le chiffrage : sur les postes que nous détaillons dans notre article sur le prix d'une surélévation, la TVA applicable est de 20 %.
3. La remise à neuf
Une rénovation peut aussi être si complète qu'elle rend le bâtiment neuf aux yeux de l'administration. C'est le cas lorsque les travaux remettent à neuf soit la majorité des fondations, soit la majorité des éléments qui assurent la résistance et la rigidité de l'ouvrage, soit la majorité de la consistance des façades (hors ravalement).
C'est aussi le cas lorsque sont remis à neuf, à au moins deux tiers chacun, les six éléments de second œuvre : planchers non porteurs, huisseries extérieures, cloisons intérieures, installations sanitaires et de plomberie, installations électriques et système de chauffage. Il faut que les six atteignent ce seuil : une rénovation qui refait l'électricité, la plomberie et les cloisons mais conserve les menuiseries extérieures n'est pas, à ce titre, une remise à neuf.
Ces seuils s'apprécient sur une période de deux ans : découper un chantier en plusieurs tranches rapprochées ne permet pas d'y échapper.
Le cas des granges et des bâtiments agricoles
En Savoie et Haute-Savoie, beaucoup de projets portent sur des granges, des fermes ou des dépendances à transformer en logement. La question de la TVA y est délicate : les taux réduits visent les locaux affectés ou destinés à être affectés à l'habitation, ce qui peut inclure une grange transformée en logement.
Mais une réhabilitation de grange touche souvent la structure, crée des planchers, des cloisons, des menuiseries, une installation électrique et un chauffage qui n'existaient pas. Elle peut alors franchir les seuils de remise à neuf ou d'augmentation de surface décrits plus haut, et basculer à 20 %. Le taux se tranche donc projet par projet, à partir du programme réel des travaux. Notre guide rénover une grange en habitation détaille les autres étapes de ce type de projet.
La mention sur le devis remplace l'attestation
Jusqu'en 2025, le client devait remettre à l'entreprise une attestation (le formulaire simplifié n° 1301-SD dans la plupart des cas) pour bénéficier d'un taux réduit. Depuis le 1er mars 2025, cette attestation n'est plus requise. Le client certifie désormais, par une mention portée sur le devis ou sur la facture, que les conditions du taux réduit sont remplies : logement achevé depuis plus de deux ans, usage d'habitation, travaux qui ne rendent pas l'immeuble neuf.
Cette mention n'est pas une formalité anodine. Le client en conserve une copie jusqu'au 31 décembre de la cinquième année qui suit la réalisation des travaux (ou l'émission des factures pour la rénovation énergétique). Et si le taux réduit a été appliqué à tort sur la foi d'une mention inexacte, c'est le client qui peut être appelé à payer le complément de taxe.
Matériaux, honoraires : les pièges du devis
Les matériaux achetés par le client restent à 20 %. Le taux réduit ne s'applique qu'aux travaux et fournitures facturés par l'entreprise. Si vous achetez vous-même votre carrelage ou votre isolant, seule la pose bénéficie du taux réduit : l'économie attendue sur le prix d'achat est en partie absorbée par l'écart de TVA.
Les honoraires de maîtrise d'œuvre sont à 20 %. Ce sont des prestations intellectuelles, soumises au taux normal même lorsque les travaux sont à 5,5 ou 10 %. Nous détaillons ce point dans notre article sur les honoraires d'un maître d'œuvre.
Un devis ventilé se compare mieux. Sur un projet qui mêle isolation, rénovation intérieure et agrandissement, un devis qui affiche un seul taux pour tout est à interroger. Chaque ligne doit porter le taux qui correspond à sa nature.
En cas de doute
L'entreprise applique le taux, mais c'est l'administration fiscale qui a le dernier mot, et la mention engage le client. Pour un projet à la frontière — rénovation lourde, grange, extension combinée à une rénovation —, le plus sûr est de faire valider le raisonnement avant de signer, auprès du service des impôts. Les règles évoluent régulièrement : vérifiez-les sur impots.gouv.fr et service-public.gouv.fr au moment de votre projet.
Lorsque nous établissons un devis, nous examinons ces points en amont : âge du bâtiment, surface créée, ampleur des travaux sur la structure et le second œuvre. Nous sommes certifiés RGE CertiRénov (n° CR-2026-73-0095), ce qui conditionne aussi l'accès aux aides pour la partie rénovation énergétique.
Nos réalisations autour du lac
Tous les projets →Notre agence est à Aix-les-Bains et nous intervenons en Savoie et Haute-Savoie. Voici quelques réalisations récentes.
Ce que nous vérifions avant de chiffrer
Un devis où chaque ligne porte le taux qui correspond à sa nature, et un raisonnement que vous pouvez relire.
Âge et usage du bâtiment
Logement achevé depuis plus de deux ans, usage d'habitation actuel ou futur : les deux conditions de départ des taux réduits.
Surface créée
Extension, surélévation, combles : nous mesurons la surface de plancher ajoutée au regard du seuil de 10 %.
Ampleur de la rénovation
Structure, façades et six éléments de second œuvre : nous repérons tôt un projet qui approcherait les seuils de remise à neuf.
Devis ventilé par taux
Isolation, rénovation intérieure, agrandissement : chaque poste est chiffré séparément, au taux qui lui revient.
Mention à certifier
La mention qui remplace l'attestation figure sur le devis : nous vous expliquons ce que vous certifiez en la signant.
Aides à la rénovation
Certifiés RGE CertiRénov, nous vérifions ce qui s'applique à votre situation : MaPrimeRénov', CEE, éco-PTZ.
Pour aller plus loin
Où nous établissons des devis
Depuis notre agence d'Aix-les-Bains, en Savoie et Haute-Savoie.
Questions fréquentes · TVA des travaux
Le bon taux,
ligne par ligne.
Visite et devis gratuits : un chiffrage détaillé poste par poste, avec le taux de TVA qui correspond à chaque ligne.